De l’urgence de végétaliser nos assiettes

Notre mode d’alimentation dominant, qui a relégué les protéines d’origine végétale (légumineuses, céréales, noix) au second plan, est en train d’épuiser la terre à toute vitesse. En moyenne, dans l’Union Europe, la viande, les œufs et les produits laitiers sont responsables de l’émission de 83 % des gaz à effet de serre alimentaires. Servir bien plus de chili aux haricots rouges, des currys aux pois chiches ou encore des lasagnes végétales est indispensable.

Mais ce n’est pas tout. La Commission EAT-Lancet sur l’alimentation, la planète et la santé indique que « les alimentations malsaines entraînent plus de risque de morbidité et de mortalité que les rapports sexuels non protégés, l’alcool, les drogues et le tabac combinés » !

Ainsi, pour les enfants (comme pour nous), bien manger est une question vitale. Or, les enfants français jusqu’à 10 ans mangent en moyenne 55 grammes de protéines par jour. C’est beaucoup trop : de 200 à 400 % des Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) par l’ANSES.

Couscous, la Cuisine de Jean-Philippe.

Faut-il le rappeler ? Une alimentation saine devrait principalement être composée de légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, noix et graisses insaturées.

Ce que nous avons entrepris pour  les menus de Strasbourg

Environ 12 000 repas par jour sont servis dans les écoles primaires de la ville de Strasbourg. L’Association Végétarienne de France et Assiettes Végétales ont participé aux travaux de concertation sur les menus. Un cahier des charges a été élaboré. Il définit ce que seront les assiettes des enfants à partir de septembre 2021, à Strasbourg.

Assiettes Végétales a fait valoir la nécessité d’augmenter la proportion des protéines végétales dans l’offre globale. En effet, tous les enfants devraient pouvoir avoir accès une alimentation plus végétale. Pas seulement ceux inscrits au menu végétarien (seulement 5 % des effectifs).

Alors, ces menus, vont-ils dans le bon sens ?

Ce qui s’est amélioré :

  • L’équipe municipale souhaite améliorer la qualité du choix végétarien quotidien. Le prochain contrat demande au prestataire (actuellement Elior) de former ses équipes à la cuisine végétarienne et de privilégier le « fait-maison ».
  • Pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, les protéines végétales seront privilégiées dans le menu végétarien (« Les protéines animales seront pour la plupart remplacées par des protéines végétales », selon le cahier des charges).
  • Le repas « bon pour la planète » mensuel pour tou·te·s sera riche en protéines végétales. Là encore, il privilégiera le fait-maison.
  • Une campagne de communication est annoncée pour valoriser le choix végétarien auprès des enfants et du personnel éducatif.

Mais, car il y a un mais :

  • Ces changements ne concernent qu’une minorité de repas.
    En effet, le menu végétarien quotidien n’est choisi que par 5 % des effectifs. Le repas végétarien pour tou·te·s est hebdomadaire (soit 1 jour sur 4). L’accent mis sur les protéines végétales ne vaut que pour ces repas-là, et non pour la majorité des repas.
  • La fréquence du repas végétarien pour tou·te·s n’a pas augmenté : elle reste hebdomadaire. Des villes comme Lille sont déjà passées à 2 menus végétariens hebdomadaires. À Strasbourg, la majorité a annoncé y parvenir avant la fin de son mandat.

Les discussions ne sont pas terminées ! Nous nous entretiendrons à nouveau avec les représentant·e·s de la municipalité de Strasbourg le 29 mars. La seconde phase de ce comité commencera donc sous peu et nous aurons l’occasion de convaincre la mairie d’aller encore plus loin.

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